Ce que Cosmos Natural nous a appris sur nous-mêmes.

Pourquoi on a voulu la certification Cosmos Natural

La question n’était pas : est-ce que la certification cosmos natural va nous aider à vendre ? Elle était : est-ce que nos formules méritent d’être appelées naturelles, vraiment, vérifiablement, selon un standard que nous n’avons pas créé nous-mêmes ?

On avait une conviction intime que NIA était une marque de cosmétique naturelle. On avait travaillé nos formules dans cet esprit depuis le début. Mais une conviction intime, ça ne suffit pas. Dans un marché où tout le monde se dit « naturel » et « clean » sans que personne ne vérifie rien, ce qu’on appelle le greenwashing cosmétique, la seule façon d’y échapper, y compris involontairement, c’est de soumettre ses formules à un regard extérieur, rigoureux et indépendant.

Cosmos Natural est le standard européen harmonisé de la cosmétique naturelle certifiée. Il exige que 95% minimum des ingrédients de la formule soient d’origine naturelle. Il interdit formellement les ingrédients pétrochimiques, les OGM, les nanoparticules, les colorants et parfums synthétiques. Et il est vérifié, chaque année, par un organisme tiers accrédité comme Ecocert.

C’est ce qu’on voulait. Pas un logo qu’on s’attribuerait nous-mêmes. Un audit indépendant et un label cosmétique vérifiable.

Le premier audit de certification cosmétique : une surprise désagréable

Soumettre ses formules à un audit Cosmos Natural, c’est d’abord un travail de documentation considérable. Chaque ingrédient doit être justifié : son origine, son mode d’obtention, les transformations chimiques qu’il a subies. Pour certains ingrédients naturels transformés, des actifs obtenus par fermentation, des huiles modifiées chimiquement pour améliorer leur stabilité, la frontière entre « naturel » et « naturel transformé admissible » n’est pas toujours évidente.

Notre premier audit a révélé deux ingrédients problématiques. L’un était un conservateur que j’avais choisi parce qu’il était d’origine végétale, mais dont le processus de transformation chimique était trop éloigné de la source naturelle pour être admis dans le référentiel Cosmos. L’autre était un agent émulsifiant dont la classification était ambiguë.

Ce n’était pas des ingrédients dangereux. Ce n’était pas du greenwashing délibéré. C’était deux choix que j’avais faits de bonne foi, et qui ne passaient pas le filtre d’un standard exigeant.

J’aurais pu trouver ça injuste. J’ai trouvé ça utile.

« L’audit ne nous a pas dit qu’on était une mauvaise marque. Il nous a dit qu’on pouvait devenir une meilleure marque. »

Six mois de reformulation cosmétique naturelle

Les six mois qui ont suivi ont été des mois de travail intensif de reformulation. Trouver un conservateur naturel alternatif qui soit à la fois admissible dans le référentiel Cosmos, efficace à des concentrations raisonnables, et bien toléré par les peaux sensibles, c’est un exercice d’équilibre délicat. J’ai testé trois alternatives avant de trouver celle qui répondait à tous les critères.

L’émulsifiant a été plus simple à remplacer. Ce qui ne l’a pas été, c’est d’admettre que les formules que j’avais présentées à nos clientes depuis plusieurs mois contenaient un ingrédient que je n’aurais pas dû retenir si j’avais appliqué le même niveau d’exigence dès le départ.

On a pris une décision qui n’était pas évidente commercialement : informer nos abonnées de la reformulation, expliquer pourquoi, et leur proposer d’essayer la nouvelle version gratuitement si elles avaient commandé la version précédente. La transparence en cosmétique coûte parfois quelque chose. Dans ce cas précis, elle a coûté quelques produits offerts et beaucoup de temps de communication.

Ce qu’on a reçu en retour : des messages de clientes qui disaient qu’elles n’avaient jamais vu une marque cosmétique reconnaître publiquement une imperfection et la corriger. Certaines sont devenues nos clientes les plus fidèles, pas malgré ce moment, mais à cause de lui.

Le deuxième audit : l’obtention de la certification

Le deuxième audit a eu lieu huit mois après le premier. On avait reformulé les deux produits problématiques, revu intégralement notre documentation, et préparé les dossiers avec une rigueur qu’on n’avait pas eu au premier passage.

La certification Cosmos Natural est arrivée sous forme d’un email. Il n’y avait pas de cérémonie, pas de remise de diplôme. Un document officiel, un numéro de certification consultable sur le registre public de l’organisme certificateur, et une date anniversaire d’audit pour l’année suivante.

On a quand même ouvert une bouteille.

« Obtenir la certification n’était pas la fin. C’était la validation que le chemin était le bon. »

Ce que Cosmos Organic nous impose encore

Cosmos Natural, c’est la première étape. Cosmos Organic est le niveau supérieur de certification cosmétique bio, il exige que 20% minimum des ingrédients de la formule soient certifiés biologiques. C’est un standard encore plus exigeant, parce qu’il ne suffit pas que les ingrédients soient d’origine naturelle : ils doivent provenir de cultures certifiées bio, avec des cahiers des charges agricoles précis.

On n’y est pas encore. Certains actifs que j’utilise dans nos formules, notamment certains beurres végétaux à haute concentration, ne sont pas encore disponibles en version certifiée bio auprès de nos fournisseurs actuels. On cherche des alternatives. On met à jour notre liste de fournisseurs. On s’est fixé un objectif clair : 50% de la gamme certifiée Cosmos Organic d’ici 2027.

Ce n’est pas une promesse marketing. C’est un engagement dans notre feuille de route interne, publié ici parce que le dire publiquement nous oblige à le tenir.

Ce qu’on a vraiment appris sur la transparence en cosmétique

L’audit Cosmos nous a appris une chose que je n’aurais pas su formuler avant de le vivre : la conviction qu’on fait bien n’est pas la même chose que la preuve qu’on fait bien. Ces deux choses coexistent souvent,mais elles ne sont pas identiques, et confondre les deux est le premier pas vers un greenwashing involontaire.

Ce que je veux pour NIA, marque de cosmétique solide naturelle certifiée, c’est que chaque engagement soit vérifiable. Pas parce qu’on a peur d’être pris en défaut, mais parce que c’est la seule façon de construire une confiance qui dure. Une confiance basée sur des preuves, pas sur des mots.

Le numéro de notre certification Cosmos Natural est consultable sur le registre public de l’organisme certificateur. Si vous voulez vérifier, vérifiez. C’est exactement pour ça qu’il est public.

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